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4ème Dimanche Carême A
 
 
1 Samuel 16, 1-13 ; Ephésiens 5, 8-14 ; Jean 9,1-41
 
     
 
L' aveugle né
 
     
 
10 Mars 2002
 
     
 





L'Aveugle né.


Introduction : " Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous ceux qui l'aimez! Avec elle, soyez pleins d'allégresse, vous tous ceux qui portez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés de l'abondance de sa joie. " Purifies-nous Seigneur, et nous serons aptes à entrer dans ce dimanche de lumière et de joie.


Nous cheminons toujours avec Jésus qui monte à Jérusalem pour la dernière fois. Chaque jour, l'évangile nous conduit pas à pas sur ce chemin, nous faisant vivre avec Lui les moments bouleversants, visibles pour ceux qui le suivent et s'intéressent à Lui.

En suivant de près Jésus, il ne peut exister ce genre de visage de carême, composé d'on ne sait quelle austérité qui fait peur, qui pousse les gens à fabriquer des masques, visage sans nom, anonyme. Le vrai visage qu'on voit et qu'on aime à contempler est la figure de celui qui donne en toutes choses, la priorité à son Père. C'est le visage qui brille comme le soleil, qui parle à la Samaritaine en faisant jaillir de son intérieur la source d'eau vive.

Aujourd'hui, ce même visage brille d'une lumière que l'aveugle-né peut apercevoir. Dans ce long récit admirablement mené, plein de finesse et de détails, le conteur dit ce qu'il a vu, ce qui s'est passé il ne peut oublier
les événements qui se sont précipités avec une rapidité telle que tout le monde fut pris au vif .

Il y d'abord les disciples qui le suivent et qui se montrent ce jour-là particulièrement éveillés. Piqués on ne sait de quelle crise métaphysique, ils ont voulu savoir pourquoi l'aveugle est né aveugle. Est-ce sa faute à lui ou celle de ses parents ? Une surprenante narration commence avec la variété et la véracité des caractères, avec la grandeur et la clairvoyance de la conscience de Jésus. Il rappelle la Présence de Dieu, son action dans chaque vie. Sa mission d'être la lumière dans notre monde.

Le fait que " la lumière du monde " brille sur un aveugle-né, et que par ce fait, celui ci a trouvé la vue, ne peut pas rester inaperçu. Il déclenche une série d'enquête. Il y a d'abord l'enquête des voisins. Cet homme qui voit est-il l'aveugle qui mendie dans le quartier ? Les uns disent que oui, les autres, que non. Devant l'affirmation du miraculé qui dit que c'est bien lui-même, ils ne cherchent pas plus loin.

L'enquête des pharisiens est méticuleusement exclusive. Ils interrogent l'homme, convoquent ses parents. La conclusion n'est pas celle qu'ils attendaient : Il était aveugle de naissance et maintenant il voit. Jésus lui a donné la vue. Admettre ce fait revient à reconnaître Jésus, et mettre en question leur système religieux, source de leurs privilèges et de leur prestige. Ils se montrent alors douteux, accablent d'injures l'ancien aveugle qui voit vraiment trop clair et qui, paradoxalement, mène aussi sa propre enquête. Elle aboutit à le mettre aux pieds du Sauveur pour lui dire ": Je crois, Seigneur. " Et il se prosterna devant lui.

La moralité de ces genres d'investigation révèle l'envie et la passion de détruire. On est miné par la fièvre de la jalousie. On ne supporte pas que quelque chose de bien puisse être donné gratuitement à des gens qu'on ignore. Jésus est le premier qu'on fait semblant de ne pas avoir aperçu et qui revendique le droit de réponse. On l'a considéré comme absent durant toutes ces enquêtes. Jésus sait pourquoi les gens se sont ainsi conduits. " Je suis venu en ce monde pour une remise en question, dit-il, pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. " Aujourd'hui, ce même visage brille d'une lumière que l'aveugle-né peut apercevoir.

Finalement, il rencontre le visage aux yeux de lumière qui peut lui dire sans mentir : " Je suis, c'est moi qui te parle. " On peut constater immédiatement ce qu'il veut dire. L'homme qui était aveugle de naissance est le seul à voir ce qui se voit. Ouvrant pour la première fois ses yeux sur les visages des hommes, il a dû s'étonner de ne pas y voir briller la lumière et la joie. Ils ont tous, une drôle de façon de regarder.

Au contact de cette source plus pure encore que celle de Siloé, il puise le sens de la vie, le terme de notre aspiration humaine : " Voir Dieu ".

Les événements de la vie nous ont amenés souvent aux limites de la vie, dont les exigences sont telles que nous aimerions plutôt décliner : " Seigneur, éloigne de moi la tentation de vouloir Te voir. " On le sait bien, personne ne peut voir Dieu sans Le reconnaître, sans reconnaître les autres et leur droit de vivre dans la dignité. Le message de ce dimanche se retrouve actualisé dans " Le Décalogue pour la Paix " formulé par toutes les religions rassemblées à Assise.

Eradiquer les causes du terrorisme, éduquer le respect mutuel, développer la compréhension et la confiance réciproques, défendre le droit de toute personne humaine, engager le dialogue, vaincre la haine et la violence, être la voix des sans-voix, , promouvoir l'amitié des peuples , édifier et consolider un monde de solidarité, donner à l'humanité de notre temps l'espérance et la joie de vivre.

D.L.