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13ème dimanche A
 
 
II Rois 4,8-11.14-16a - Romains 6,3b-4 ,8-11 - Matthieu 10,37-42
 
     
 
Un simple verre d'eau fraîche.
 
     
 
30 juin 2002
 
     
 

Dans le contexte géopolitico-religieux de la Palestine, un simple verre d'eau fraîche tendu à quelqu'un qui a soif, est un grand symbole d'accueil, de générosité, de religiosité. Jésus ne l'a pas laissé inaperçu. Il en a parlé et il a dit comment ce geste a la force de gratifier le donneur en disciple du Fils de Dieu.

L'Evangile de ce dimanche n'a que cinq petites phrases et chaque phrase est une énigme à résoudre. La première parle des préférences qu'attendait Jésus de ses disciples et qui n'est pas nécessairement la Bonne Nouvelle pour les pays dont la religion est fondée sur la famille. La religion nationale du VietNam est avant tout, le culte des ancêtres. C'est l'observance du quatrième commandement du Décalogue dans toute son intégrité première. Parents, enfants sont les partenaires de la sécurité sociale.

Sur ce fondement, s'ajoute la doctrine confucéenne qui vise d'abord l'éducation de la femme en proposant trois liens à cultiver : chez soi, suivre le père, mariée, suivre le mari, le mari mort, suivre le fils. Il n'y a pas d'autres préférences possibles.

Est-ce par égard à la femme que l'Evangile ne la mentionne pas dans la liste des gens à quitter. " Et quiconque aura quitté maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs à cause de mon Nom, recevra beaucoup plus et, en partage, la vie éternelle. " Matthieu 19,29. Par contre, la femme, femme de l'homme, est citée indirectement dans la liste des gens que Jésus est venu séparer les uns des autres. " Oui, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la belle fille de la belle mère. "Matthieu 10,35. Une séparation ou, une libération pour la belle fille ? Alors, elle n'aurait qu'à dire : alléluia.

L'évangile parle plus d'une fois du Christ qui cherche des mots, des vécus simples pour donner le sens de Dieu. Seul Dieu peut répondre aux aspirations du coeur de l'homme. Tous les liens tissés sur cette terre sont des relations ayant pour mission de conduire l'homme jusqu'à Dieu. Jésus reconnaît les liens de parenté : père, mère, frère, sœur, dans tous ceux qui font la volonté du Père.
Nous sommes au premier commandement de Dieu :" Tu aimeras ton Dieu de tout ton coeur de toute ton âme, de tout ton esprit et tu n'adoreras que Lui seul."
La relation personnelle que Jésus attend de ses disciples, se situe à ce niveau du premier commandement. Il ne délaisse pas la famille humaine. Il fait remonter le culte de ancêtre jusqu'à l'Ancêtre des ancêtres.

On peut s'étonner de la deuxième phrase qui rappelle la croix à porter. A ce niveau d'enseignement du chapitre 10 de St Matthieu, Jésus n'annonce pas encore sa mort et sa résurrection. La croix sans Jésus crucifié, n'était qu'un supplice de torture barbare pratiquée par des barbares. Comment la porter chaque jour ?

Porter la croix révèle ici le rappel de la passion de Jésus que les disciples n'ont connue et comprise qu'après sa résurrection. La croix est devenue alors le signe du plus grand amour à vivre. L'invitation de Jésus à porter la croix avec lui est la communion à son mystère pascal.

Perdre tout pour le Royaume, pour le Grand Passage est un choix personnel ou un aménagement que Dieu prend soin de faire lui-même pour tous. Tous laisseront tout un jour pour aller vers lui.
L'Evangile nous met au large et nous initie à ce dépouillement, à l'entrée dans la terre de l'accueil où tous trouveront le bonheur d'être attendu. Accueillir c'est croire et croire c'est accueillir. Un simple verre d'eau fraîche tendu à l'un de ces petits prend ici une dimension religieuse, divine.
Et voici ce que le monde pourra découvrir : alors que nous croyons recevoir et inviter chez nous le Christ sous le dehors de l'autre, nous nous trouvons en réalité‚ à table des trois divines Personnes :" Nous ferons chez lui notre demeure." Jn 4,23.

D.L.


* Bonnes vacances