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8ème
dimanche c
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Siracide
27,4-7 - Psaume 91 1 Corinthiens 15,54-58 - Luc 6,39-458
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La Bouche,
l'Oeil, le Cœur.
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25 Février 2001
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Depuis quand y-a-t-il eu une aussi grande émotion ressentie partout à propos d'une parole qui a fait rêver et qui vient de s'éteindre pour aller rejoindre son ciel étoilé, s'est demandé la presse durant la semaine ? La question nous vient à l'esprit au moment où nous écoutons les Ecritures qui proposent de passer la parole de l'homme au tamis pour savoir ce qui en restera après avoir été tamisée. Même avec toutes les mises en garde que nous venons d'écouter, c'est encourageant d'écouter les éloges des hommes pour leur semblable. Nous assistons ici à la magie de la parole qui a su maintenir sa jeunesse durant toute une vie, avec l'art de saisir l'air du temps, d'un temps qui ne passe pas. Tout devient chanson, le temps d'un sourire, d'un émoi, d'un souvenir, d'une vague sur le sable, d'une cloche qui sonne, d'un visage, d'un jardin, d'une noix qui s'ouvre. Il y a autant d'éloges que de gens qui écoutent et qui fredonnent les chansons. La spontanéité des commentaires révèle le cœur de l'homme capable de s'ouvrir à ce qui est beau, ce qui est vrai, sensible à tout ce qui est attentif à sa dignité, à sa quête de bonheur. Tous ces flots d'appréciation donnent une note sympathique de la vie qui nous entoure, et témoignent d'une autre capacité d'ouverture du cœur de l'homme quand la parole vient d'ailleurs pour le tenir en vie. Depuis plusieurs semaines, le monde entier peut écouter, s'il le veut, des paroles qui rendent l'Evangile éternel. Luc a ajouté aux paroles de béatitudes une suite de propos qui se donnent comme des confidences. Le monde peut vivre comme il est, rejetant, excluant, éliminant les uns les autres, l'Evangile, lui, continue depuis des générations à résonner dans toutes les églises du monde, dans toutes les communautés qui cherchent à réagir contre la décadence de l'homme et de sa parole. Dimanche dernier, il nous a été donné un épanchement
de confidences qui surprennent, qui placent l'homme au-dessus de tous
les confits, qui le reconnaissent capable d'être le bienfaiteur
de ceux qui lui font du mal, généreux au point de donner
plus qu'il lui a été demandé. Confidences ou échanges de vues, l'Evangile continue de nous
proposer une évaluation sur nous-mêmes. C'est à
chacun de voir comment il parle, comment il donne dans la vie pour
savoir qui il est. Le fruit à apprécier, c'est la relation
qu'on entretient avec les autres. Nos gestes, nos paroles, nos comportements
sont le reflet de la qualité de notre intérieur. Personne
ne peut donner plus qu'il n'est, plus qu'il ne possède vraiment.
Les fruits de qualité ne s'improvisent pas. La peur du ridicule peut-il guérir de la facilité à
ridiculiser les autres ? On n'en est pas sûr. Aussi énorme
que soit la poutre par rapport à la paille, d'emblée
on a la force de l'évacuer ailleurs, dans un autre œil. C'est
quelqu'un d'autre qui a la poutre et qui ne l'aperçoit pas.
C'est le risque de vouloir appliquer la Parole de Jésus seulement
aux autres. Sa Parole, on la reçoit, on la mange. Les confidences et les échanges données par Jésus révèlent cette unité profonde qui existe dans l'homme. Avec lui, là où il y a de l'homme, là il y a du divin. A l'entendre, la miséricorde, le pardon, le respect, le service, la gratuité ne sont pas des idées. Celui qui nous a parlé de la poutre et de la paille est celui qui se donne dans le geste du pain et du vin. Ce pain et ce vin rappellent que Dieu se laisse manger mais on ne se sert pas de Lui pour agir à son propre compte. A son approche, on apprend à parler des autres, à les voir, à les aimer avec la parole, les yeux, le cœur de Dieu. D.L. |
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